ECONOMIE

Une situation économique qui s'améliore.

Des raisons d'avoir confiance.

Si les résultats en matière de lutte contre le chômage restent insuffisants,
la situation économique de la France s'améliore très nettement. Les chiffres le prouvent.

 

Un environnement économique sain

La baisse des taux d'intérêt est spectaculaire : pour la première fois depuis très longtemps, les taux de marché à dix ans en France sont revenus au-dessous de 6 %, les taux à cinq ans au-dessous de 5 % et les taux à deux ans au-dessous de 4 %.

Le commerce extérieur de la France présente un excédent record de 100 milliards de francs ; l'inflation reste maîtrisée à 1,6 % sur les douze derniers mois ; le dollar, la lire italienne et la livre sterling se redressent sur le marché des changes, ce qui redonne de la compétitivité aux entreprises françaises ; l'Allemagne, qui est notre premier client, se porte mieux.

Les signes tangibles de la reprise

Dans les entreprises, les stocks ont sensiblement baissé et toute commande nouvelle doit être satisfaite par une production supplémentaire ; les commandes en provenance de l'étranger se redressent nettement, d'après les dernières enquêtes de l'Insee en septembre ; les demandes de crédit pour l'habitat des particuliers redémarrent et, de façon générale, le logement se porte mieux (la construction de maisons individuelles est en augmentation de 4 % par rapport à 1995 et de 11 % par rapport à 1994 ; la Fédération nationale des promoteurs constructeurs prévoit en 1996 le rythme de vente de logements le plus élevé depuis cinq ans* ) ; le taux de TVA qui pesait sur la construction de logements sociaux est réduit de 20,6 % à 5,5 %, ce qui vient remplacer l'ancienne subvention. Si le bâtiment ne va pas encore bien, le logement, lui, se porte mieux, grâce aux nombreuses réformes précitées. La reprise du logement est bien là, avec une augmentation très significative des ventes dans le neuf, tant en individuel qu'en collectif et le début de la reprise des mises en chantier. Et, pour la première fois, il s'agit d'une reprise saine, parce qu'elle repose non pas sur une augmentation des crédits publics mais sur une reprise de l'accession sociale à la propriété et de l'investissement locatif, rendue possible par les réformes engagées (prêt à taux zéro, amortissement d'un logement locatif...) et par la baisse des taux. Pour toutes ces raisons, on peut penser que la reprise sera durable.

La politique du logement menée depuis dix-sept mois est donc le reflet à la fois de la priorité sociale définie par Jacques Chirac et de l'engagement de réformer la France pris par Alain Juppé. &laqnoEn dix-sept mois, a rappellé Pierre-André Périssol, la totalité des secteurs de la politique du logement aura fait l'objet d'une réforme, non pas d'un engagement de réforme, non pas d'un discours sur la réforme, mais de véritables réformes dont, pour l'essentiel, on aura pu mesurer les effets».

Le commerce de gros des biens d'équipement s'est également redressé en septembre.

Une consommation qui est là

Premier semestre : après une phase de croissance zéro au deuxième semestre 1995, l'économie française est repartie dès le début 1996. Au premier semestre, la croissance a ainsi été de l'ordre de 1,5% en rythme annuel, grâce à une consommation des ménages dynamique : + 4,9 % pour les produits manufacturés au premier trimestre, et + 3,3 % pour les six premiers mois de l'année, par rapport aux six mois précédents.

Deuxième semestre : sur l'année, la consommation devrait augmenter de 2,5 %. L'accélération de la consommation au troisième
trimestre est plus forte que prévu et touche non seulement les automobiles mais aussi les autres biens durables, l'alimentation et l'énergie : la consommation de produits manufacturés, hors automobile, a augmenté de 0,5 % sur le mois d'août et de 2,3 % depuis le début de l'année par rapport aux mois correspondants de l'année dernière.

Prévisions : pour 1996, la croissance en moyenne annuelle est encore affectée par le bas niveau d'activité de l'hiver dernier : elle sera légèrement supérieure à 1 % (la prévision gouvernementale de 1.3% est inchangée depuis le mois de mars dernier ; à ce stade, l'incertitude de mesure est de l'ordre de 0,2 %). Pour 1997, le gouvernement table sur un rythme de croissance de
2,3 % tandis que le Fonds monétaire international prévoit 2,4 %.

Une croissance plus riche en emplois

Bien sûr, et le Premier ministre l'a rappelé encore récemment, les résultats en matière de lutte contre le chômage ne sont pas satisfaisants. Cependant, une donnée a changé : la croissance française est aujourd'hui plus riche en emplois, c'est-à-dire qu'à croissance donnée, il y a plus de créations d'emplois que durant les années 1980. Ainsi, en 1996, l'emploi sera pratiquement stable, alors qu'avec une croissance de 1,3 %, il aurait reculé de plus de 1 % dans les années 1980. Selon le même principe, pour 1997, avec une croissance de 2,3 %, on peut espérer une progression de près de 1 % de l'emploi, alors que dans les années 1980, cette progression de l'activité aurait été à peine suffisante pour stabiliser l'emploi.

Aujourd'hui, en outre, à croissance égale, la France crée plus d'emplois que l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou l'Italie.

Yves DONIN de ROSIERE

*Chiffres donnés par le Ministre du logement, Pierre-André Périssol, dans une interview au Parisien le 2 octobre 1996.


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