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Tous les grands courants idéologiques du libéralisme, du réformisme, de la révolution ou de l’anarchie, se réclament, chacun à leur façon, de la modernité, du réalisme et de la prospective. Politiquement parlant, la droite comme la gauche se proclament " moderne ".
Cependant une interrogation s’impose immédiatement à l’esprit : comment se fait-il que les théoriciens ou les mentors de ces multiples " ismes " n’ont-ils rien d’autre à nous proposer que des idées datant de plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, dans une réédition à peine revue et corrigée ?
C’est ainsi que libéraux, néo-libéraux ou ultra-libéraux s’en tiennent toujours aux postulants d’Adam Smith, fondateur de l’école libérale de la fin du XVIIIème siècle. Les réformistes, notamment socialistes et communistes de toutes les couleurs, n’avancent pas d’un pas par rapport à Proudhon à Louis Blanc, à Lassalle, à Fourier, à Owen ou Saint-Simon, utopistes du XIXème siècle.
Peut-être aurons-nous plus de chance du côté des révolutionnaires se réclamant du marxisme, concernant la modernité. Pas sûr. Les trotskystes s’avèrent incapables de dépasser le catéchisme de Léon Davidovitch, des années 30 du siècle dernier, tandis que les maoïstes, fossiles vivants ayant survécu à la Révolution culturelle chinoise d’il y a 35 ans, empruntent des sentiers qui ne sont guère lumineux politiquement, loin s’en font.
D’autres marxistes restent fixés sur Lénine ; d’autres encore sur Rosa Luxemburg ; d’autres enfin sur Marx et Engels et exclusivement.
Rien à tirer non plus des anarchistes (violents ou non-violents) qui se réfèrent toujours au dogme de Bakounine, du milieu du XIXème siècle. Ajoutons qu’en matière de passéisme, les différents courants écologistes battent tous les records en s’en tenant à une vision du monde que proposait le philosophe chinois Lao-Tsen entre le VIème et le Vème siècle avant notre ère.
Mais où sont donc passées les forces de l’avenir et les idées nouvelles débarrassées de toute utopie et de tout obscurantisme ? Il est certes nécessaire d’étudier le passé avec ses innombrables penseurs et éminentes figures dans le but de mieux comprendre le monde actuel et son devenir, mais non pas pour se transformer en passéiste, nostalgique d’époques révolues, se croyant de surcroît " moderne ", sincèrement ou non.
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