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L’histoire, dit-on, ne se répète pas. Mais elle demeure pleine d’enseignements pour l’avenir. Balthazar, dernier Satrape de l’empire babylonien, symbole de richesse et de frivolité, fut averti, au plus fort des festivités de sa cour, de sa chute imminente. Une main invisible traça en lettres de sang la prophétie mystérieuse «Mane, Thecel, Fares*» condamnant le haut lieu de la décadence morale à l’effondrement et à la disparition.
Rome, au début de notre ère, plus tard l’empire perse, autre sommet de la civilisation, succombèrent, sous la pression du nombre, à l’invasion des barbares, victimes de la dissolution des mœurs, de l’endormissement dans l’aisance, de l’arrogance des dirigeants sûrs de leur pérennité.
Le dernier siècle, à peine révolu, a consacré, au-delà de toute mesure, le règne de la puissance financière et militaire des Etats-Unis d’Amérique, partagé, en sous-traitance, par l’Europe occidentale. Sous le vocable de « mondialisation », un nouveau colonialisme tente de s’imposer à une majorité de peuples et d’Etats, vassalisés par une minorité dominatrice, formée d’élites du savoir et du pouvoir, hors de portée des assujettis. La cour de Davos incarne depuis plusieurs années cette domination, propage ses paradigmes et tente de renforcer ses citadelles.
Un grain de sable, depuis peu, trouble et dérange la poussée irrésistible des maîtres de l’univers. Réveillée et encouragée par la prise de conscience de réalités du monde des possédants, notamment grâce à l’universalisation de l’information, l’anti-monde des pauvres et des opprimés s’insurge contre l’étreinte qui l’enserre et contre l’accroissement des moyens d’emprise, propres à le réduire à une dépendance insupportable. De Seattle à Gênes, en passant par Porto Allegre, un vent de révolte témoigne, il est vrai, d’une voix encore fluette mais bien audible, du rejet d’un système au sommet de sa puissance. Mais derrière l’avant garde de la protestation, se profile l’immense armée des déshérités, en quête assoiffée de justice et de reconnaissance.
Gare à l’apparition de l’homme emblématique qui, fort du nombre, tenterait de précipiter les maîtres du Colisée sur la Roche tarpéienne.
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