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| Le Portrait tout en finesse de Berthe Morizot: BERTHE MORISOT |
Berthe Morizot qui vécut en à Paris à la fin du XIXème siècle, fut la seule femme peintre reconnue par ses pairs, (les fameux "impressionnistes") et autorisée par eux à exposer en leur compagnie. Elle subit donc elle aussi longtemps, le dédain de ses contemporains, à la vision de ses toiles si éloignées de l’académisme prétentieux de l’époque. L‘audace du déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet dont elle devint plus tard la bellesoeur, des guinguettes du bord de la Marne de Renoir, des gares de Monet, des poseurs de parquet de Caillebotte, des fleurs de Degas et de Fantin-latour choquèrent tant la bourgeoisie bien pensante parisienne que ce groupe de peintres renoncera à exposer au tradtionnel salon d’automne et préféreront présenter à leurs frais leurs œuvres loin du tapage des critiques. Dans ce monde de la peinture, peuplé d’artistes plus ou moins aisés, de modèles, filles peu recommendables, s’impose petit à petit une jolie jeune femme de bonne famille, qui osera apparaître dans les toiles d’Edouard Manet, comme dans celle du "balcon" et celle de "la femme en noir au bouquet de violettes", et qui, au fil des années, réussira à imposer d’abord à ses parents, puis à son mari, le frère cadet d’ Edouard Manet, cette vocation considérée à l’époque comme une activité sulfureuse et peu recommendable pour une femme bien élevée. Berthe Morizot fut donc sous la troisième république, une femme d’avant-garde qui ne sacrifia ni son talent ni sa passion aux convenances et qui, peu à peu devint célèbre et put vivre des ressouces que lui procurèrent les ventes de ses toiles. Le talent de Dominique Bona est de réussir à nous retracer la vie de cette femme si intransigeante, en s’appuyant sur ses œuvres phares et sur celles de ces amis, pour nous évoquer à travers elles, toutes les angoisses, les souffrances et les doutes ressentis par ces artistes pour tenter de fixer sur la toile, la lumière, la beauté de la nature, les instants de la vie quotidienne dans une gamme chromatique resplendissante, face à l’incompréhension totale de leurs contemporains. Il y a vraiement un paradoxe chez Berthe Morizot, écrit l’auteur, entre l’effet d’élégance et de légéreté des toiles fixant ces méres exquises et leurs enfants au jardin, ces paysages de Bretagne si délicats, ces lessives qui sèchent au vent, ces portraits de petites filles attendrissantes, et cette anxiété devant chaque toile d’arriver à fixer l’éphémère. Ce livre rebondit agréablement sur les épisodes de la vie de cette grande artiste et on sent Dominique Bona conquise comme elle réussit à son tour à conquérir ceux qui la lisent. |
| Un amour dévorant et destructeur d’une mère pour son fils:
CHIMERES |
L’amour que donne une mère à son enfant est admirable mais à la lecture du roman de Mahfouz on serait tenté de penser que les mères qui chérissent trop exclusivement leurs fils uniques sont des criminelles en puissance . Ce livre est superbe car dans un style haletant Mahfouz pénètre dans la conscience de son héros, enfant paresseux, timide et trop choyé par sa mère et nous fait partager ses velléités, ses frustrations et sa solitude tout au long de sa vie dans la ville du Caire qu’il connaît si bien. Le héros va vivre une descente aux enfers que le talent de Mahfouz et de son traducteur, rendent fascinante et piégé, on n’ abandonne plus la lecture tant le vertige de cette lecture de l’ âme du héros est attractif. Le livre terminé, on est frappé de voir que quelquesoit le pays, ou l’ époque, les amours trop exclusifs de méres pour leurs fils s’ ils risquent d’ être dévastateurs pour ceux-ci quand ils parviendront l’âge adulte, sont des sujets intarrissables pour les beaux arts et la littérature. |
| Pour se prémunir contre des idées reçues critiquables. LE VERTIGE DE BABEL: |
C’est un plaisir de parcourir ce court essai et de comprendre qu œil ne faut pas tomber dans certains piéges imposés par une époque, et plus précisément par des modes plus ou moins éphéméres. A l’heure actuelle de la mondialisation économique, il ne faut pas au nom d’ un cosmopolitisme douteux, d’"une bouillie babylonienne " abandonner les repères que chaque nation a inculqués à ses membres. Alors qu’ est ce que le vrai cosmopolitisme selon Bruckner ?
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| Pour entretenir son anglais Nostalgie plongée dans un Moyen Orient disparu OUT OF PLACE (En anglais) |
La recherche du temps perdu d’Edward W .Said relatent les souvenirs de l’auteur ,actuel professeur d’université aux Etats Unis, alors enfant au sein d’une famille palestinienne chrétienne ,et aussi américaine de passeport. Né en 1935, l’enfant grandit dans un va et vient incessant de domiciles tantôt en Palestine , puis au Caire où il devra affronter le poids des traditions familiales, implacable marque d’une éducation anglaise, et une souffrance intérieure permanente d’être aux antipodes de la personnalité que ses parents cherchaient tant à lui faire acquérir. Heureusement le vilain petit canard, déception d’ un père commerçant très doué, et d une mère mélomane très exigeante, deviendra un pur produit des universités prestigieuses de Yale et d’Harvard, et enfin un un objet de fierté pour ses parents. Dans un style sans emphase l’auteur évoque ses souvenirs douloureux et nostalgiques avec finesse et perspicacité. On reste toujours l’enfant de ses parents semble dire E . Said et décrire ceux-ci tels qu’on les voyait quand on fut un enfant sensible et si peu apte à faire ce qu’ils souhaitaient pour son bien, n’est pas aisé, car si après leurs disparitions on comprend mieux les raisons des animosités d’alors, se replonger dans ses souvenirs d’enfance, c’est au contraire, par le travail de la mémoire resouffrir, refaire surgir des êtres, des quartiers, des maisons, des pays qui ont disparu à jamais dans ce moyen orient là, à jamais englouti, mais bien vivants pour nous grace à cette pertinente analyse. |
| Effroyable jardins
MICHEL QUINT |
On a aimé cette petite nouvelle plutôt qu’un roman d'un écrivain qui a su trouver le ton juste pour nous replonger dans la deuxième guerre mondiale, celle de résistants très jeunes face aux Allemands dans la France occupée ; Il y a de la gouaille, du suspense, de l’émotion et une gande habileté pour nous faire réfléchir à la grande histoire par le canal d’une histoire simple mais belle ; c'est rare et mérite d’être remarqué. |
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Anne-marie Trémeaud |
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