Croisade pour la vertu.

A défaut d’établir la paix partout dans le monde, déchiré de façon endémique par des conflits armés, les grandes puissances, Etats-Unis en tête, ont entamé et poursuivent une croisade pour éradiquer la corruption omniprésente et pourchasser l’argent dit sale, blanchi par les tenants du crime organisé. Les médias emboîtent le pas selon le principe que le scandale se vend toujours. Faute de grives, on mange des merles.

Curieusement, ce sont les pays européens qui sont surtout visés par les assauts et pressions. Certains d’entre eux, plus zélés que d’autres, se livrent à des contorsions pour se retrouver du côté du manche. C’est notamment le cas de la France. La Suisse et évidemment le Liechtenstein demeurent, entre autres, les cibles des attaques, au motif que leurs banques et autres fiduciaires se prêteraient à toutes les fraudes, avec un laxisme à clouer au pilori. Ce qui est plus vraisemblable pour le passé que pour le présent.

La dernière victime en date est la Principauté de Monaco. Paris se met en vedette pour renier et accabler cet îlot de prospérité, sous protectorat français. C’est un déluge de menaces et d’artillerie verbale qui s’abat sur ce petit pays. Les fondements des griefs articulés sont cependant inversement proportionnels aux clameurs et accusations proférées.

Pourquoi donc cet acharnement à promouvoir la vertu, surtout chez les autres ?

Des observateurs opérant depuis Sirius – mondialisation oblige – croient déceler dans ce tohu - bohu une trame sous-jacente de manœuvres concurrentielles, destinées à éliminer des compétiteurs économiques et financiers. Des écoutes généralisées de communications pour dépister le crime serviraient, en bonne partie, à cueillir déloyalement des renseignements commerciaux, propres à conquérir des positions prioritaires. D’importants marchés seraient l’enjeu de ces pratiques.

On voit que le dollar n’est pas le seul moyen pour l’Amérique de s’assurer la domination du monde.