 |
Henri Boulad parle d'amour et de joie
Après avoir conquis l’Autriche et l’Allemagne, le père Henri Boulad, philosophe et théologien égyptien, séduit aujourd’hui la Suisse, en multipliant, cette année, les conférences à Lausanne et à Genève. Ses sujets ? l’homme et sa liberté, l’amour et Dieu, le monde et son avenir. Portrait d’un contemplatif engagé, au langage direct et incisif, à l’expérience à la fois concrète et mystique, simple et profonde.
A 68 ans, il rayonne de joie, d’enthousiasme et de passion. Une personnalité fascinante, forte d’une solide formation et dotée d’une grande expérience humaine dans l’enseignement, l’éducation et au sein d’organismes caritatifs (Caritas-Egypte, Caritas international pour le monde arabe, aide aux Lépreux...).
Un nouveau langage
“Mon approche puise à différentes disciplines mais elle se veut surtout existentielle : le sens est dans le tout, en rapport avec l’homme”. La théologie est alors à reformuler “de A à Z” afin de devenir un message intelligible pour nos contemporains et fidèles à l’Evangile. “Je veux rendre pertinent le langage de la foi (...) afin qu’il jaillisse de l’expérience”.
D’autres structures d’Eglise
“L’Eglise est devenue une énorme institution. L’expérience communautaire, pourtant fondamentale, fait souvent défaut (...). J’aime profondément l’Eglise, je la critique de l’intérieur, parce que je crois en elle, en sa capacité d’évoluer”. Le père Boulad préconise d’autres structures : paroisses plus petites, ordination d’hommes mariés, décentralisation de l’administration, plus de pouvoir aux Eglises locales, création de nouveaux patriarcats, développement de la collégialité, remise à l’honneur des synodes régionaux.
Le Père Boulad vit sa foi dans sa tête, dans son coeur et dans son corps. un personnage mystique optimiste sur l’avenir : “la sinistrose de l’Europe me rend fou ! On est fasciné par le négatif alors que les signes d’espérance abondent : dire non à la guerre, se mobiliser pour venir en aide aux réfugiés, réclamer la justice pour tous, en sont de bons exemples. L’Eglise ? Elle a du pain sur la planche ! Elle doit surtout donner le pain de la parole et du sens, doit témoigner de l’Evangile, avec audace, sans se replier sur des positions défensives. L’avenir est aux communautés de base, cellules de vie chrétienne”.
|