
Choix.
L’arrivée de l’an 2000 a suscité beaucoup de calembredaines. De l’appréhension ancestrale ou subconsciente, liée au changement de millénaire, à l’enthousiasme des futurologues et chantres d’une “ nouvelle économie ”, en passant par les prophètes du bogue, tout a été évoqué pour donner à ce tournant symbolique un caractère quasi magique.
Sans isoler cette année charnière, n’y a t’il pas lieu d’analyser cette époque comme un moment d’hésitation historique, la phase d’un choix décisif devant des alternatives à l’échelle du monde, comme à celle des nations, voire des
individus.
Ainsi la “ mondialisation ”, à la une de tous les commentaires, n’ouvre t’elle pas deux voies, au moins, aux conséquences opposées ? Celle, à présent prévalant du pouvoir d’une économie dominatrice, où des concentrations gigantesques d’entreprises écrasent de leur toute puissance tout ce qui tombe sous leur coupe, et en perspective, celle de l’éducation et du savoir qui permettrait enfin d’élever le niveau de vie d’une majorité d’humains, encore réduite à la portion congrue.
Un autre domaine, où l’histoire bégaie, sans trouver pour le moment, une direction claire implique un choix de société. Allons nous dépasser les différences passéistes de cultures nationales de repliement sur soi, nous laisser dominer par la renaissance de nationalismes étriqués, ou sommes-nous assez mûrs pour élargir un horizon dans une communion de valeurs, gage de paix et de prospérité ? A cet effet, il ne suffit pas de prôner la démocratie, il faut la pratiquer.
Les petites rivières, forment les grands fleuves qui conduisent à la mer. Ainsi d’innombrables choix de détails façonneront l’avenir. Rien n’est encore gagné, mais rien, non plus, perdu. Le pire doit-il toujours être certain ? |