Sur la route qui mène de Ouagadougou à Bobodioulasso, une grosse bourgade, Boromo, et un panneau routier comme on en rencontre rarement, même en Afrique :

« Ralentissez, éléphants »... La mise en garde, au fil des ans, était devenue caduque, faute de pachydermes, mais le panneau était resté et, aujourd’hui, il a repris tout son sens grâce à un homme que rien, apparemment, ne prédestinait à pareille aventure, Guy Sauvin. La cinquantaine aux aguets, Guy Sauvin est d’abord un combattant. Karatéka professionnel, il fut tour à tour champion de France en individuel, du monde en équipe, puis directeur technique de l’équipe de France. Son rêve d’Afrique, il l’a gardé secret pendant près d’un demi-siècle et soudain, voilà un peu plus de trois ans, il a tout quitté pour devenir ici, au, Pays des Hommes Intègres (c’est le sens du mot Burkina-Faso) le défenseur des éléphants et, par conséquent, l’ennemi juré des braconniers et autres trafiquants d’ivoire.

La réserve du gamin de Paris
Gamin de Paris, Guy Sauvin n’a jamais cessé de penser, au plus profond de lui-même, qu’il irait un jour à la rencontre des animaux sauvages. Au fil des années et des déplacements sportifs, il avait posé des questions, fait des rencontres, tissé des amitiés. Et un beau jour, quelques économies en poche, il est parti seul, en voiture, a traversé le Maroc et la Mauritanie, s’est heurté à la frontière camerounaise, a fait un grand détour par les immensités sahéliennes pour aboutir au Burkina-Faso. C’est là qu’un nouveau hasard, une nouvelle rencontre, l’a mis sur la piste de Boromo et de sa réserve désertée.

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P.S. : Si vous voulez lui donner un petit coup de main, voici son adresse : Guy Sauvin, BP 5163,
Ouagadougou 01, Burkina-Faso.

Alex Décotte