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Droits de l'Homme

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789… 1945… 1999, l'évocation des Droits de l'homme est dans l'air du temps. Hélas! il y a loin de la coupe aux lèvres, même dans les pays hautement civilisés, comme la France et la Suisse.
La liberté est le premier droit. Nos systèmes judiciaires en font fi. La détention, qualifiée de provisoire, en prive trop fréquemment des justiciables, présumés innocents. L'enfermement est, en outre, sinon conçu, du moins utilisé par la justice pour obtenir des aveux dans des conditions inadmissibles. Eventuellement acceptable à l'égard d'auteurs probables de crimes de sang, ou de trafiquants de mort, il n'est pas justifiable pour des personnes soupçonnées d'infractions banales. Si l'on peut admettre certaines restrictions à la liberté d'action de ceux-ci pour prévenir la commission d'autres délits (subornation de témoins, destruction de preuves, etc… ) -ce que permet le contrôle judiciaire ou la constitution de garanties adéquates- la privation préventive de liberté n'est pas compatible avec le respect du droit élémentaire de tout citoyen.
La liberté de pensée et d'expression est un autre droit fondamental. Il est fréquemment dénaturé, notamment dans le domaine de la communication en évolution explosive. Le matraquage télévisé, influencé par des intérêts financiers, qu'il soit idéologique ou économique, façonne les esprits qui en deviennent les otages. Par ailleurs, les médias, dans leur ensemble, tendent à abuser de la liberté d'expression. Ils portent trop souvent atteinte au respect de la vie privée ou à l'honneur de victimes de l'esprit de lucre qui anime les éditeurs.
Quant au droit de chacun à une justice équitable, le nombre croissant de jugements de la Cour européenne de Strasbourg, condamnant des Etats -dont la France et la Suisse- pour violation de ce droit, illustrent un déficit, hautement regrettable. Dans nos pays qui se targuent d'offrir à leurs ressortissants toutes les libertés qu'est censée garantir la souveraineté du peuple, beaucoup reste à faire.
La démocratie s'apprend à l'école, la liberté à l'Université de la vie.

Jean Pierre François