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«Le CICR, le cœur et la raison» - entretiens avec
C. Sommaruga, Président du CICR, de M. Lorenzi.
Habiter Genève ou ses environs, c'est côtoyer des organismes internationaux, mais en découvrir les rouages, c'est essentiel pour mieux comprendre leur raison d'exister. Grâce à ces entretiens, le lecteur a la possibilité, en quelques pages, de découvrir le CICR, cette organisation humanitaire, si prestigieuse et la personnalité de son Président actuel depuis 9 ans, Cornelio Sommaruga.
Le CICR, objectif primordial: venir en aide aux victimes des conflits armés.
En premier lieu, il faut savoir que le CICR a été créé à Genève en 1863 par Henri Dunant et qu'il a précédé la création des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge. Il a pour unique raison d'être de venir en aide aux victimes des conflits armés ou des situations de violence.
C'est un organisme NEUTRE, qui entretient des rapports ouverts avec l'ONU mais qui ne tient pas à être confondu avec les NATIONS UNIES.
Les réalisations concrètes du CICR:
- l'action humanitaire en situation de conflit est définie par les Conventions de Genève et l'usage des médias par le CICR reste très délicat. Selon son Président, par prudence et par efficacité, le CICR n'agit pas systématiquement en alertant les médias.
- grâce à la présence de 9’000 collaborateurs, soit plus de mille expatriés dans une soixantaine de délégations, dont 28 sont, à l'heure actuelle, en situation de conflit ouvert, les visites de prisonniers et les moyens d'entrer en communication des prisonniers avec leurs familles éloignées, dispersées ou séparées par une ligne de front, sont assurés.
... La crise financière dans l'humanitaire
Hélas, cette organisation humanitaire est, elle aussi, confrontée à un déficit qui atteignait plusieurs dizaines de millions de francs sur un budget total de 800 millions de Francs suisses en 1997. La cause est liée aux nouveaux conflits qui ont éclaté en Afghanistan, au Congo, en Albanie, et aux mesures d'urgence supplémentaires que nécessitent de telles situations.
A l'aube du troisième millénaire, le Président du CICR a pour ambition de parvenir à dépolitiser totalement la Croix-Rouge pour qu'elle retrouve partout et toujours sa neutralité, et à faire en sorte que l'action du CICR soit perçue comme étant tout à fait désintéressée et destinée uniquement aux victimes des conflits et au respect de leur dignité.
«Cela est, et sera le défi le plus grand». Prenons-en note et n'oublions pas d'évoquer au sein du CICR ceux qui sont tombés, victimes innocentes, en aidant d'autres victimes.
Chez Favre, avril 1998, 160 pages.
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LEGER ET IRONIQUE
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«Chazing Cézanne», de Peter Mayle. Roman policier en anglais.
Bien écrit, bien ficelé, ce petit roman policier permettra à bien des lecteurs d'attendre un avion ou un train, en compagnie d'un auteur qui observe, avec beaucoup d'humour, le monde des galeries et revues d'art new-yorkais et qui n'a pas oublié son long séjour dans le Sud de la France, il y a quelques années.
Peter Mayle a donc réussi à écrire un livre truculent et rempli de rebondissements, qui lui donne l'occasion de croquer les travers de ses héros avec beaucoup d'habileté et d'humour.
Pygmalion, mai 1998, 191 pages.
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LITTERATURE
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«Requiem», d'Antonio Tabucchi, traduit du portugais par Isabelle Pereira.
En plein été, dans le jardin d'une maison de campagne de l'Alentejo, un homme assoupi est gagné, pendant sa sieste, par une longue hallucination qui va lui faire rencontrer des êtres chers depuis longtemps disparus à Lisbonne, entre midi et minuit.
Le cadre est tracé, et la plume délicate de Tabucchi mêle les petites gens des quartiers populaires de Lisbonne, leurs manies, leurs paroles, à des réflexions érudites du narrateur avec une légèreté arachnéenne.
On est à Lisbonne, avec ses bruits, ses odeurs, par une journée de canicule et la pensée de Tabucchi s'envole au rythme de paroles plus simples des interlocuteurs que rencontre le narrateur au cours de son après-midi, à la recherche de ses chers disparus qui ressurgissent et repartent comme des ombres.
Roman de la nostalgie, du remords, c'est aussi le livre d'une ville, Lisbonne, où l'on boit et mange beaucoup; plaisirs simples mais capables eux-aussi de faire flotter chacun entre rêve et réalité.
Christian Bourgois, juin 1998
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HISTOIRE
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«Louise de Lavallière, de Versailles au Carmel», de Monique de Huertas.
Quel itinéraire traversé par cette jeune fille en si peu d'années! «Remarquée» puis devenue la favorite de Louis XIV, ayant reçu le titre de Duchesse, ayant obtenu la légitimation de ses enfants, puis, dix ans plus tard, délaissée et remplacée dans le cœur du Roi par Madame de Montespan, Louise de Lavallière décide d'entrer au Carmel et de finir sa vie en humble religieuse, loin de Versailles et de la Cour.
Après les plaisirs offerts par un jeune Roi épris de sa beauté, la magnificence de la vie à Versailles, l'héroïne, à 30 ans, tourne définitivement la page et s'enferme à Paris dans un couvent de religieuses cloîtrées où elle mènera une vie religieuse très stricte et très éprouvante, loin du luxe tapageur et des coteries mesquines de la Cour jusqu'à la fin de sa vie, 36 années plus tard. Au fond, Louise de Lavallière fut en religion comme elle fut hors du couvent: la femme exemplaire d'un seul Amour, avec un grand A.
Ce livre se parcourt agréablement grâce à une ceinture sobre et des commentaires de l'auteur qui donnent envie d'avancer dans la lecture de ce portrait réussi.
Pygmalion, mai 1998, 191 pages
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ACTUALITE REGIONALE
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«Le diamant alpin: Genève, Lyon, Turin»
C'est un recueil de courtes notes écrites par des personnalités du monde politique ou économique d'une de ces trois régions. Il est intéressant de découvrir, à la lecture de ce recueil, qu'une organisation transfrontalière réunissant Lyon, Genève et Turin, «Le Diamant alpin», créée en 1988, ait pu accueillir le Président Clinton en juin 1994 à Lyon et que différents projets culturels ou économiques seront mis en place simultanément dans les trois régions, grâce à l'existence de cette organisation.
Avec des initiatives de ce genre, la mobilité de l'emploi, si nécessaire à l'activité économique en cette fin de siècle, sera facilitée et, souhaitons-le, sera un facteur de dynamisme pour les trois régions du Diamant Alpin.
Editions Slatkine, 1997, 187 pages
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