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Pour que nos enfants nous répondent en
français...
A
l'heure où de nombreuses voix s'élèvent pour défendre la francophonie mais aussi encourager le plurilinguisme, rien n'est fait à Zurich pour que nos enfants soient de réels bilingues, bien intégrés en Suisse, mais aussi capables de se réinsérer en France ou dans leur pays d'origine. A Zurich, capitale financière au bord de la Limmat, un capital humain essentiel reste inexploité: à savoir, la richesse représentée par les enfants bilingues à composante francophone.
En effet, si la plupart des communautés linguistiques dispensent leurs propres cours de langue et culture (HSK) intégrés dans le cursus scolaire normal, les francophones ne disposent de rien de tel. Ils doivent assister aux cours de français prévus pour tous les enfants et dispensés dès la cinquième classe de primaire par des enseignants germanophones.
Voulons-nous vraiment cela ou souhaitons-nous que les compétences linguistiques de nos enfants soient reconnues, encouragées et exploitées. Pour cela, à défaut de pouvoir organiser des cours vraiment bilingues, à l'instar des expériences allemandes, nous devons mettre en place, puis coordonner des cours de langue et de culture française et francophone, dispensés par des enseignants de langue maternelle française et reconnus par les autorités zurichoises.
La situation est d'autant plus urgente que le système scolaire est en pleine effervescence; son directeur de l'éducation, Ernst Buschor, prévoit, en effet, un train de réformes qui pourrait bouleverser en profondeur certains principes du système scolaire public. Il est notamment question d'«économiser» l'école en y appliquant les instruments de la «nouvelle gestion publique» qui insistent sur les notions de marché, de concurrence et de matière première. L'un de ses objectifs est aussi de faire de l'anglais la première langue étrangère étudiée à l'école, reléguant le français en deuxième place. C'est pourquoi il est urgent de créer des structures garantissant l'apprentissage du français, à l'instar des autres communautés étrangères dans le canton de Zurich.
Toutes les études scientifiques confirment l'importance d'une bonne connaissance de la langue maternelle. En effet, le développement mental et social de l'enfant est étroitement lié à sa vie émotionnelle et affective exprimée dans sa langue. De plus, l'acquisition de la structure de cette langue permet de structurer la pensée de l'enfant et renforce positivement ses capacités cognitives. C'est pourquoi, l'utilisation de la langue maternelle seulement à l'oral (ainsi qu'elle est transmise par les parents) est insuffisante chez l'enfant. Les études psycho-pédagogiques effectuées régulièrement dans le canton de Zurich montrent que les enfants non germanophones, participant régulièrement à des cours de connaissance approfondie de leur langue maternelle et de leur culture, et ce dès leur plus jeune âge, accèdent autant à une formation professionnelle de qualité que les enfants germanophones.
- Parce qu'une bonne connaissance de la langue maternelle favorise le processus des acquisitions scolaires et l'apprentissage de la seconde langue, et qu'elle permet l'intégration dans le pays d'accueil, à savoir la Suisse, les autorités helvétiques sont prêtes à joindre leurs efforts à ceux des parents volontaires afin que ce projet voie enfin le jour (et mettent notamment toute une infrastructure scolaire à leur disposition).
- Parce que les connaissances linguistiques participent à l'enrichissement culturel de la société et constituent la condition sine qua non d'une réinsertion réussie, en France ou dans le pays d'origine, il est essentiel que les autorités françaises, et plus généralement celles des pays francophones, contribuent à en assurer l'enseignement à l'étranger.
Or, cet enseignement ne doit pas être réservé aux enfants français faisant des séjours de courte durée à l'étranger et issus de familles généralement privilégiées. Il doit s'adresser aussi aux binationaux, désireux de suivre un cursus scolaire régulier en Suisse et peu enclins à placer leurs enfants dans des institutions privées aux frais de scolarité élevés mais néanmoins encouragés financièrement par les autorités françaises. L'offre du lycée français de Zurich, dont la qualité des enseignements n'est pas à remettre en cause, est tout à fait adaptée aux besoins des familles dont le séjour en France est de courte durée. Il leur permet, en effet, de pouvoir se réinsérer de façon optimale dans le système scolaire français.
En revanche, nous constatons que nos enfants, les enfants binationaux notamment, ne disposent d'aucune structure leur permettant de cultiver leur jardin personnel, c'est à dire leur langue maternelle, ni d'aucun soutien des autorités françaises ou francophones. Il nous semble indispensable de remédier à ce déficit au plus tôt, c'est pourquoi nous faisons appel à vous tous. Pour que les 10‘000 français immatriculés au Consulat et les quelque 30’000 francophones estimés aient ce dont disposent déjà les finnois, croates et tibétains.
Alors, pour que nos enfants nous répondent toujours en français et accèdent à une formation scolaire et professionnelle de bonne qualité, prenez contact avec nous pour inscrire vos enfants ou soutenir notre action.

Sandrine Charlot Zinsli


 

Association des Français de Suisse
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