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Albert Lugardon (Genève)
Chevaux traversant une rivière
J.M. Eder, Die Moment-Photograhie,
I. Serie - 1887-1888 Collection Jean Henry - Paris
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e lieu, tout d’abord, est à découvrir: petite ruelle jouxtant la Grand-Place, côté Montreux quand on regarde le lac, et, au milieu d’un pâté de maisons, un beau bâtiment du XVIIIe siècle, récemment restauré, avec son entrée très contemporaine et son jardinet, havre de paix dans la vieille ville...
Les grandes baies vitrées ouvrant sur le rez-de-chaussée sont une incitation à la découverte de ce lieu: le visiteur curieux se laissera séduire et pénétrera dans le vaste monde de la photographie. Dès le sas d’entrée franchi, il sera saisi, imprégné par la magie du lieu: de la lumière, des couleurs, des jeux de transparence, des espaces insolites, et, bien sûr, ces objets qui font le Musée.
Un mot sur l’architecture du lieu, de conception très originale: du bâtiment ancien n’ont été conservées que les façades. L’intérieur a été entièrement remodelé; création d’une dalle au niveau de la toiture où viennent se suspendre, à l’aide de structures métalliques, les trois niveaux inférieurs.
Le visiteur curieux se laissera séduire
Le visiteur averti commencera sa promenade par les combles. Là, il succombera aux charmes des lanternes magiques et de leur imagerie féerique évoquée dans un petit spectacle audio-visuel; il se remémorera les leçons de choses de son enfance, agrémentées de projections à l’épidiascope; il s’initiera aux diverses récréations optiques à l’aide de reconstitutions contemporaines; il découvrira enfin la magie du sténopé .
Un niveau plus bas, il fera connaissance, dans l’exposition temporaire du moment, avec un thème particulier, en général illustré de beaucoup d’images.
Poursuivant sa descente, il découvrira tout ce qui s’est fabriqué –et se fabrique encore– en Suisse. La Suisse est le berceau de productions très diverses allant du véritable bijou, merveille de technicité produit par une fabrique d’horlogerie (le Compass de Le Coultre au Sentier dans le Jura vaudois), en passant par Alpa et son étonnant appareil panoramique donnant une image de 361°, sans oublier Sinar qui fabrique, depuis 1948, les appareils professionnels parmi les plus prestigieux.
La Suisse est le berceau de productions très diverses
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Lothard Jeck - Course du Klausen, Mercedes huit cylindres - 1930
Collection Fondation suisse pour la photographie, Zurich
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Parvenu au rez-de-chaussée, le visiteur fera connaissance avec les «pères» de la photographie et se laissera émerveiller par les premiers appareils, superbes objets de bois et de laiton; il apprendra que Kodak, nom familier à ses oreilles, a inventé le premier appareil utilisant un film de support souple, qui révolutionnera la photographie en 1888, et la mit à la portée de tous –Georges Eastman a d’ailleurs inventé le nom de Kodak à cette occasion. Ce petit appareil, de maniement fort simple, se renvoyait simplement à l’usine, une fois le film exposé, et son propriétaire recevait en retour, quelques jours plus tard, le film développé, les tirages et l’appareil rechargé. Les collectionneurs apprécieront au passage la vitrine consacrée aux célèbres Leica: en 1913, un ingénieur des usines Leitz Wetzlar, Oskar Barnack, chercha un moyen simple d’exposer des films cinéma 35mm pour des tests, sans perdre trop de pellicule; il conçut donc un prototype dont les qualités l’étonnèrent; c’est ainsi qu’est né le Leica et, avec lui, l’appareil photographique de petit format couramment utilisé aujourd’hui encore, tant par les amateurs que par les plus grands photographes... A apprécier encore, avec le sourire, les appareils espions déguisés en montres, en stylos, en cannes ou en jumelles! Un film vidéo évoque les débuts aventureux de la photographie, tandis que les dernières techniques ont fait leur entrée au Musée avec le CD photo de Kodak et le CD interactif de Philips.
Au sous-sol, le visiteur s’initiera aux mystères du laboratoire, à l’épopée qu’était la photographie en extérieur, et rêvera, pour terminer sa visite, devant l’ancien studio où sont venus se faire photographier ses grands-parents.
Si ce Musée existe, c’est en très grande partie grâce aux dons et dépôts de toutes sortes qu’il abrite. Enfin, la photographie, devenue notre environnement quotidien, a sa place dans un Musée. Ce ne sont pas seulement des pièces de musée que le visiteur y découvrira, mais aussi les techniques les plus avant-gardistes.
P. et J.-M. Bonnard Yersin
Conservateur
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