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| TRES EMOUVANT |
«Les cendres d’Angela. Une enfance irlandaise», de Frank Mc Court, traduit de l’Américain par Daniel Bismuth.
Ce merveilleux récit à la première personne de l’enfance et de l’adolescence de l’auteur, pendant l’entre - deux guerres, en Irlande est une plongée dans la misère encore très proche de celle décrite par Dickens, et pourtant, l’art de Franck
Mc Court est de ne pas tomber dans un récit misérabiliste.
Au contraire, à travers les yeux et l’imagination de ce petit garçon, on reste émerveillé de voir que, malgré la misère de sa famille, la paye de son père passée intégralement en boisson, le manque de nourriture, la mort de plusieurs de ses frères et soeurs, l’insalubrité des logements successifs occupés par la famille, le héros conserve une joie de vivre émouvante et un très fort amour vis-à-vis de ses parents.
Sans mélo, se déroule au fil des pages, une véritable fresque des habitants pauvres d’une petite ville irlandaise, très marqués par leur foi catholique et une forte pratique religieuse, violemment hostiles à l’égard des Irlandais du Nord et fiers des héros de leur propre histoire.
L’écriture de ce récit est une prouesse car elle transcrit la fraîcheur de pensée de l’auteur, enfant, de façon étonnante.
Chez Belfond, février 1998, 429 pages. |
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TRES UTILE
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«1998, Petit Futé, City guide, Genève»
Voici un petit répertoire de Genève très complet et d’actualité, des boutiques, des activités multiples, des spectacles proposés dans cette ville, des restaurants, des services, avec des commentaires désopilants pour chaque adresse mentionnée rendant la lecture de cet opuscule utile et très amusante.
Nouvelles éditions de l’Université, 293 pages.
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CLIN D'OEIL
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«Delacroix», causerie sur Eugène Delacroix et ses oeuvres faite par Alexandre Dumas le 10 décembre 1864.
Dans le cadre de la rétrospective des oeuvres de Delacroix au Grand Palais ce printemps, ce petit livre souligne à quel point Alexandre Dumas déployait son talent pour intéresser un auditoire choisi, et pour vanter les dons de son ami peintre dont les œuvres, si colorées, choquèrent plus d’un amateur d’art à l’époque.
Le petit Mercure, octobre 1996, 122 pages. |
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ART ET LITTERATURE
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| Un très grand plaisir: «Le voyage d’Italie: Dictionnaire amoureux», de Dominique Fernandez.
On connaissait déjà Dominique Fernandez, comme auteur de livres passionnants à la découverte de l’art baroque dans l’Europe entière.
Dans ce nouveau livre, Dominique Fernandez nous présente, dans des rubriques classées par ordre alphabétique, son Italie aux mille facettes: celle d’un intellectuel érudit et passionné au style élégant et sarcastique.
Plon, mars 1998, 665 pages, photos de Ferrante Ferranti. |
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PITTORESQUE
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Francophonie des Caraïbes: «Solibo Magnifique», Roman de Patrick Chamoiseau.
Après la mort subite du conteur public, Solibo magnifique, un soir de carnaval, à Fort de France, un inspecteur de police véreux et zélé convoque tous les amis et connaissances de ce vieillard réputé pour ses talents de conteur, afin d’établir la vérité sur ce décès trop suspect à ses yeux..
Dans ce roman, l’auteur nous plonge dans l’univers picaresque des noirs de l’île et les aventures rocambolesques décrites dans une langue française très éloignée, par la syntaxe et par le style, du français métropolitain tissent une atmosphère cocasse et pathétique inoubliable.
Folio, mai 1997, 244 pages.
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SOCIOLOGIE
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Grave: «L’illusion économique: essai sur la stagnation des sociétés développées», d’Emmanuel Todd.
A travers une analyse très fine des situations économiques des pays les plus industrialisés, l’auteur nous donne les clés qui, selon lui, expliquent la crise sociale que traverse la France actuellement.
En premier lieu, le libre échange à tout crin est une source de souffrance pour les peuples victimes du chômage et de la montée des inégalités qui en résultent. D’autre part, la décision d’adopter une monnaie unique en Europe a coûté selon lui, en terme d’absence de création d’emplois, très cher à la France avec la politique du franc fort, à la fin des années 80.
La société française est donc malade.
Ainsi, une incompréhension des auteurs de la «pensée unique», c’est-à-dire l’ensemble des croyances politiques et économiques véhiculées par les élites des pays développés favorables à l’argent, la tolérance et l’inégalité sociale avec le reste de la société française est de plus en plus flagrante.
Cet «antinationisme» développé par les élites est en rupture avec les croyances collectives qui solidifiaient le corps social et explique la montée des voix favorables au Front national.
On est libre de contester cette analyse pessimiste de la situation économique et sociale de la France à la veille de l’an 2000, mais, grâce à cet essai, il est plus aisé de comprendre les contradictions de la vie politique française actuelle.
Gallimard, janvier 1998, 315 pages.
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poésie
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| Carrousel |
I
Au mileu d’hommes isolés,
on voit quelques chevaux bariolés
tournoyer. Sur leur dos, en robes de soie,
de petites filles, les yeux brillants,
emplissent pour deux francs
de leur bonheur le carrefour des joies.
De moins heureux, alentour, sourient
et les envient.
Et, tout près d’un carosse
une jeune mère rêve à sa nuit de noce,
et les enfants rient.
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II
Les yeux grands ouverts, elle déambule,
la petite-fille en bleu,
à la façon d’une âme somnambule;
et ses lèvres remuent toujours un peu.
Parfois un sourire heureux joue
dans les coins de ses yeux, et sa joue
se tient d’une rose très clair.
Elle songe à la voiture en or et vert
du carrousel, et l’immortel moulin à rêves
entraîne ses pensées. |
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