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Les vecteurs
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Un système mondial d'échanges De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 70, l'échange international commercial, financier et technique, reste limité à l'espace occidental, Amérique du Nord et Europe de l'Ouest, le Japon étant le troisième protagoniste, regardé tout de même comme à part parce qu'asiatique et parce que s'imposant très vite dans les secteurs (des chantiers navals, de l'automobile) que les anciennes nations industrielles considéraient comme leurs. Durant ces décennies, le monde communiste se développe en autarcie; quant au reste de la planète, il se décolonise. Les années 70 enclenchent un formidable élargissement des réseaux d'échanges. L'enrichissement des économies occidentales, au cours des Trente Glorieuses (1945-1975), stimule et amplifie l'internationalisation des grandes entreprises en quête de marchés et de moyens financiers. Les effets de la mondialisation sur notre vie Le tourisme, dimension essentielle de la mondialisation, illustre bien cette dynamique d'industrialisation. Dès la première moitié du XIXe siècle apparaissent les premiers touristes modernes, cherchant dans le voyage l'expérience qui leur fera vivre la pluralité de la vérité (ainsi les mémoires d'un touriste de Stendhal, 1838). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le développement de la bourgeoisie, le train, le paquebot, la création d'entreprises spécialisées - telle que l'agence Cook - font du tourisme la distraction des classes possédantes; tandis que Philéas Fogg, en gagnant son pari de faire le tour du monde en 80 jours (Jules Verne, 1873), prouve que la technique (française) relie les coins les plus perdus et unit la terre, les tribulations de la famille Fenouillard (Christophe, 1889-1895) montrent que les voyages les plus lointains sont désormais accessibles aux gens modestes. En cette fin de XIXe siècle, le tourisme se mondialise. Entre 1950 et 1990, si la population double, les déplacements touristiques sont multipliés par quatorze. Le premier signe de cette mutation de la mondialisation sur le tourisme se traduit par la création du Club Méditerranée, mettant lagons, exotisme et palmiers à la portée de tout le monde. Les avions longs-courriers, bon marchés (charters), réduisent massivement les coûts de transport. Les systèmes de réservation se globalisent jusqu'à se concentrer entre les mains de quelques opérateurs; ces derniers, manipulant des millions de commandes, acquièrent ainsi de puissantes capacités de pression sur les compagnies aériennes, au moment où celles-ci sont engagées dans une compétition mortelle. Mondialisation et régionalisation au seuil du XIXe siècle Tout comme la mondialisation, la régionalisation constitue l'un des traits clés de l'intégration économique de la fin du XIXe siècle, dynamique d'intégration régionale amorcée par la CEE en 1985 (achèvement du marché unique, c'est-à -dire l'élimination de tous les obstacles subsistant aux échanges au sein de la CE). L'édification de grands espaces économiques régionaux fournira aux économies, aux entreprises des Etats impliqués à la fois un stimulant, en avivant la concurrence, et un tremplin vers le marché mondial. Conclusion Rien ne serait donc plus grave que de rester immobiles face à de telles mutations. Nous sommes à la croisée des chemins: les transformations de l'économie mondiale sont là sous nos yeux. Nous avons le choix entre les subir passivement ou chercher à les maîtriser en mettant en œuvre les moyens nécessaires. In fine, utiliser la mondialisation comme une opportunité pour la France et non une fatalité. Si nous voulons aujourd'hui continuer à exister, conjurer le chômage, il est indispensable de favoriser l'émergence de groupes français mondialisés qui seront des acteurs à part entière sur les marchés concurrentiels de demain. Eviter leur prise de contrôle par des intérêts et des institutions d'étrangers, afin que la France ne devienne pas une simple succursale ou une simple annexe de pôles extérieurs. Yves Donin de Rosière Conseiller du Commerce Extérieur |