|
|
|
|---|---|
![]() |
|
|
Bretagne,
marchande de rêve |
|
Comme l’Écosse, l’Irlande, le Pays de Galles et la Galice, la Bretagne est un pays celtique. De plus en plus, on vient y chercher sources et traces de ce qui forgea le caractère des peuples d’une grande partie de l’Europe, dont la Suisse. Les Chevaliers de la Table ronde et la mythique forêt de Brocéliande n’ont jamais eu autant de succès qu’aujourd’hui ! Sirènes et korrigans sont associés à des sites naturels exceptionnels, comme la Pointe du Raz ou l’île d’Ouessant, mais aussi l’intérieur du pays, trop méconnu: Monts d’Arrée, mis en valeur au sein du Parc naturel régional d’Armorique, Lande de Lanvaux, marais de la Brière... On ne vient plus visiter un site par hasard, ou seulement pour sa beauté, mais aussi parce qu’il excite l’imaginaire. Vous avez dit Bretagne ? La Bretagne souffre d’une ambiguïté cruelle qui remonte à 1941: cette année-là, le régime de Vichy, par le décret Pétain-Darlan, excluait la Loire-Atlantique de la Bretagne, profitant d’une ancestrale rivalité entre Rennes et Nantes. Cette dernière ville, ancienne capitale des Ducs de Bretagne, devenait plus tard la métropole d’une région artificiellement créée: les Pays de la Loire. La Bretagne aujourd'hui La construction européenne, l’explosion des identités culturelles, l’engouement pour la musique celtique sont autant de motifs d’interrogation et d’action pour les Bretons. Turbulents Bretons ! «Les Bretons se rebellent dans le calme». C’est un journaliste américain qui l’a écrit, constatant que dans l’histoire du mouvement breton, au cours de ce siècle, on n’a jamais eu à déplorer de victime politique, du fait de violences. La revendication régionaliste, autonomiste, voire indépendantiste, s’est toujours exprimée dans le respect d’autrui. Rarement feutré, parfois maladroit, toujours têtu (!), le mouvement identitaire breton obtient des résultats: aujourd’hui, le drapeau breton «Gwen ha Du» (blanc et noir, en breton) flotte sans honte ni tracas administratifs aux côtés des drapeaux français et européens, sur les façades des mairies, bâtiments officiels et entreprises. La régionalisation des années 70, comme la construction européenne des années 90 sont une chance pour prévenir un nivellement général, encore considéré à Paris, trop souvent, comme un bienfait, sous prétexte d’unité de la nation. Les Bretons en Suisse L’émigration bretonne reste un phénomène d’actualité. Jean Voruz
(*) Slogan extrait du livre «Le Miracle breton», de Yannick Le Bourdonnec (éditions Calmann-Lévy). |
|
|
9 ch. de la Péraulaz - 1093 La Conversion Tél. (021) 793 19 01 - Fax(021) 793 19 02 e-mail: |