***Livres 
La sélection de livres du deuxième trimestre, par Anne-Marie Trémeaud

 

Literature

«Le bruit de la neige», de Gilles Lapouge.

Tous les sujets, poétiques, drôles, ou de grande érudition abordés dans cet essai, constituent un canevas que Gilles Lapouge tisse avec finesse au fil des pages . Grâce à lui, la banalité du quotidien s'envole, et la lecture devient un enchantement à peine rompu par.... le bruit de la neige.

Albin Michel (septembre 1996) 260 pages.

Literature Comparee

«Si par une nuit d'hiver, un voyageur ....»,
par Italo Calvino (Italie)

Incroyable et brillante digression d'Italo Calvino sur le prétendu message que tout écrivain qui se respecte laisse à ses lecteurs à travers ses écrits.
Italo Calvino, prenant le lecteur à témoin, prend plaisir à embrouiller l'histoire qu'il commence par une superposition d'autres histoires et de nouveaux personnages, qu'il fait surgir ou disparaître à sa guise, tel un démiurge pour, finalement, bien nous prouver combien le ridicule, la médiocrité et l'apocryphe entachent, de plus en plus souvent, un grand nombre d'oeuvres pseudo-littéraires.
Quelle intelligence !

Roman/ Seuil 277pages .Traduit de l'italien par D.Sallenave et F.Wahl.1981.

 

Histoire

«Les Libertines, Plaisir et liberté au temps des Lumières», Olivier Blanc

A travers une série de treize biographies de libertines ayant vécu sous l'Ancien Régime et la tourmente de la révolution, Olivier Blanc nous fait découvrir les vicissitudes de la vie de ces femmes, dégagées des tutelles traditionnelles - paternelle, conjugale ou religieuse. Ces femmes affichaient leurs liaisons, leur luxe, leur sociabilité, leurs choix politiques. Grâce à des archives souvent inédites, c'est une fresque de la vie privée à Paris au temps des Lumières qu'Olivier Blanc propose à ses lecteurs. Derrière cette recherche de la liberté, ces femmes ne seraient-elles pas les premières engagées sur le chemin d'un bonheur, nouveau pour elles? Telle est la thèse originale défendue par Olivier Blanc, spécialiste de l'histoire de la fin du 18e siècle et de l'Empire.

Perrin, février 1997 (234 pages )

 

Derniere Minute

Envoyé par son auteur, Elizabeth Teissier, au Journal Français: «Sous le signe de Mitterrand, 7 ans d'entretien».

Editions N°1.

Encore des souvenirs, des paroles, de l'ancien président de la République.

 

 

 

...très amusant Recit de Voyage
«The lost Continent - Travels in small town America», de Bill Bryson.

Ce livre est un récit de voyage en automobile, pendant un mois à travers une quarantaine d'états des Etats-Unis, qu'a entrepris, il y a quelques années, le narrateur, natif de Des Moines, installé depuis longtemps en Angleterre. A la recherche des petites routes, des destinations et des paysages de ses vacances enfantines, Bill Bryson vagabonde au gré de ses souvenirs, à l'écart des grands lieux de tourisme, et redécouvre son pays.
Ses réflexions drôles et ironiques liées à l'observation «en route» des moeurs et des mentalités des habitants des localités traversées nous fait surgir une Amérique profonde, naïve, ingénieuse, cocasse, mais aussi boulimique ou exécrable.  

Edité en anglais chez Abacus, 293 pages (1989) et en français sous le titre: Motel blues, chez Petite Bibliothèque Payot.

 

Economie

De grande actualité:
«Richesse du Monde, Pauvretés des Nations», de Daniel Cohen.

Cet essai porte en effet, sur l'analyse de la crise que subissent les pays les plus industrialisés, à l'heure actuelle. Grâce à de nombreux exemples, sa lecture est aisée et passionnante.
En premier lieu, selon Daniel Cohen,il est faux de penser que la mondialisation est la cause de l'appauvrissement actuel des vieilles nations occidentales. Cette montée des inégalités, de plus en plus visible aux Etats-Unis et en Europe, est plutôt liée à la troisième révolution industrielle, qui fait de chacun de nous le «moteur immobile d'une infinité de déplacements virtuels»: la révolution informatique.
Cette mutation dans le monde de la communication a pour conséquence dramatique de réduire, de façon inexorable, dans nos pays, l'offre de travail non qualifié dans la sphère intellectuelle, menaçant d'exclusion des masses considérables de travailleurs, inaptes à répondre aux nouvelles exigences.
Face à cette augmentation de la paupérisation, l'aide de l'Etat aux plus démunis reste donc indispensable, à condition qu'elle ne stigmatise pas les assistés, enfermés «dans leurs ghettos de pauvreté».
Mais il est aussi urgent que nos pays, étant revenus à la maîtrise de leurs finances publiques, s'attèlent à la transformation de l'Etat-providence, structure qui a été pensée dans le cadre de l'époque «fordiste», et qui doit être maintenant adaptée aux inégalités créées par la troisième révolution industrielle.
En conclusion de son essai, Daniel Cohen recommande aux nations occidentales, à l'heure imminente où l'économique cesse de fortifier le lien social et où les inégalités au sein des nations vont devenir, selon toute vraisemblance, plus aiguës que les inégalités dans le monde, de réapprendre à penser le politique. Il est hélas plus difficile en ce domaine, selon lui, de professer l'optimisme.

Essais, Flammarion .Janvier 1997.