la voix de Cassandre
Ordre nouveau
Le roi est mort. Vive le Roi ! On aimerait pouvoir en dire autant de la République. Hélas, il n'en est rien. Les valeurs républicaines se délitent, la morale se dégrade, les traditions se désagrègent, la cohésion sociale se désintègre. L'ordre ancien qui reposait sur trois piliers - la patrie, la religion, la famille - est en voie de disparition, pratiquement partout. L'égoïsme prend le pas sur la solidarité, chacun réclame des libertés qui empiètent sur celles des autres, le droit tend à ignorer les devoirs corrélatifs, le sens unique remplace la réciprocité.

La France et la Suisse sont également dans la tourmente. Là, nul ne s'étonne qu'un gouvernement doive afficher comme priorité, le respect du droit et de l'honnêteté. Ici, on essaie de gommer l'inexplicable d'un passé ignominieux. Pourquoi troubler le quotidien si commode, voire profitable, en tendant le miroir de la vérité? L'interrogation est partagée par trop de citoyens. Ceux-ci, on l'a vu, expriment dans les urnes leur volonté de changement. Mais, au vrai, cela concerne, pour la plupart, les autres, chacun souhaitant conserver ses rentes de situation ou «acquis» de tout genre. L'habitude de bénéficier d'assistance ou de faveurs a créé une mentalité de profiteurs, sans commune mesure avec les besoins réels. Celle-ci gangrène d'ailleurs davantage les classes aisées de la population que les laissés-pour-compte. Un laxisme généralisé, quand ce n'est pas la complicité des institutions publiques, perpétuent ces pratiques d'assistanat et de déresponsabilisation qui minent les budgets et accentuent la fameuse fracture sociale.

Quelle est alors la voie du renouveau? Le salut viendra-t-il des religions militantes, de la dictature qu'une minorité croissante appelle de ses voeux? de l'Europe qui fait figure de miroir aux alouettes, ou simplement d'un retour aux bonnes vieilles recettes des Dix Commandements?

Le Capitole est toujours aussi près de la Roche Tarpéienne.


Au Salon du Livre de Genève


présence d'un Francais, écrivain et éditeur

Bien que l'âge officiel de la retraite ait sonné, Jacques Maurice Chenaux qui réside dans le canton de Neuchâtel depuis 1968, déploie une activité où la plume et le travail d'éditeur sont devenus, semble-t-il, une passion et surtout un plaisir.

Notre compatriote, né à Paris le 22 juin 1929, fait sien le précepte de Michel Butor: «L'écrivain vaut s'il témoigne et non s'il invente».

Les expériences d'une vie d'expatrié et le regard malicieux et pénétrant avec lequel il scrute la société contemporaine, font découvrir des situations vécues. L'ironie qui découle du cocasse et du tragique permet de voir que l'esprit français est toujours là, sachant tirer parti des drames et aussi du ridicule de certains personnages toujours présents.

L'année de sa retraite, 1994, il a fondé les Editions de l'Esquirol, ce qui démontre non seulement un courage certain mais aussi la volonté de rire encore d'une société qui souvent fait la grimace.

Pour la deuxième année au 11e Salon international du Livre et de la Presse à Genève, il présente dans son catalogue: Le beau divorce (étude de moeurs), Le juge mort (sujet traitant de la pédophilie), L'accident, de Pierre Besson (témoignage suite à la mort accidentelle d'un fils de 19 ans), Cantiques à Caroline (poésie).

Editions de l'Esquirol, 5 rue des Acacias
case postale 457, 2001 Neuchâtel
tél. 032/725 66 32, fax 032/725 66 27.

Marceau KAUB