coup de coeur

S. Bédat, C. Bédat, S. Filippinetti
Photos: H. Tobler


BEDAT & C°

Simone Bédat à découvert...

Cofondatrice de la marque Raymond Weil, Simone Bédat choisit, enfin, de sortir de l'ombre. Riche d'une expérience qui lui vaut l'admiration de bien des professionnels, elle lance une ligne de montres à son image: tendant à l'excellence.

E

lle aurait pu poser ses valises. Ce «demi-siècle d'horlogerie» dont elle peut s'enorgueillir le lui permettait. Pourtant à 65 ans, Simone Bédat ne l'entend pas ainsi. Surprise qu'on puisse même évoquer une retraite possible, elle rétorque «je ne suis pas fatiguée; de nos jours, on ne vieillit plus. On peut aller très loin dans la vie en restant jeune». Aller loin, elle sait ce que cela signifie. Quand elle entre, à 16 ans, en apprentissage chez un fabricant de boîtiers de montres à Porrentruy, elle n'imagine sûrement pas qu'elle se retrouvera, quelque trente-cinq ans plus tard, à pique-niquer dans le désert avec des clients arabes, apparemment séduits par cette femme dont l'apparente douceur masque une redoutable énergie. Une vocation, l'horlogerie? Un concours de circonstances, plutôt: «à cette époque, explique-t-elle, dans les familles modestes, les études étaient réservées aux garçons. Pour les filles, cela semblait moins nécessaire. Mon père aurait aimé que je devienne institutrice, mais cela ne me plaisait pas.» L'apprentissage sur le tas la conforte dans un principe auquel elle ne dérogera plus jamais: la nécessité de bien faire. «Travaillez bien ! nous disait mon père, douanier. Pour être le premier de la cordée, il faut s'approcher du meilleur, d'une certaine perfection. Je crois beaucoup à l'honnêteté, à la fidélité aux vraies valeurs. La chance consiste à savoir sentir que l'occasion est là et qu'il faut la saisir. Mais la persévérance est une vertu majeure. Je ne crois pas aux réussites spontanées». C'est donc, tout naturellement, qu'elle engage son fils, Christian, à poursuivre des études solides: HEC, stages à l'étranger, il réussit, lui aussi, et rejoint tout naturellement sa mère dans un secteur appartenant au patrimoine helvétique.

Montre de forme rectangulaire cintrée

C'est de concert donc que, l'an dernier, les Bédat quittent la maison Weil pour s'associer le 8 octobre, avec la ferme intention de créer des montres «belles au regard, belles au toucher». Traduction parfaite d'une vérité qui est la leur: sans aucun compromis sur la qualité. Un signe: ce chiffre 8, harmonieux, tout en rondeur, on le retrouve aussi dans le logo. Un défi le lancement d'une marque dans un marché plutôt enclin à la morosité? Simone Bédat n'en a cure. «J'étais tout à fait prête. J'aurais pu démarrer seule, mais avec mon fils, je ne crains rien. Il y aura toujours une demande pour des montres faites en Suisse, dans un souci de perfection, proposées à des prix aux marges bien calculées. Je crois à un niveau de gamme supérieur, je crois à la qualité. Au désir. Aux objets qui suscitent l'envie. Il faut vendre un peu d'amour aussi.» De l'amour, il en est aussi question dans ce label Swiss A.O.S.C. tout neuf, dont les Bédat frappent la cinquantaine de modèles: il garantit que la montre a été assemblée en Suisse à l'aide de composants suisses de première qualité. «Ce qui est formidable, glisse la Présidente, c'est que tous nos anciens fournisseurs nous ont suivis, confiants, eux aussi, dans la réussite de l'entreprise. Ce label de qualité, poursuit-elle, c'est l'une des valeurs ajoutées du produit. Une manière d'expliquer l'amour investi dans chaque montre, l'obsession du moindre détail.» Le souci du détail, il se retrouve aussi dans le nom des collections, remplacé par un chiffre: N°3 pour les femmes, N°7 pour les hommes, N°8 pour le couple. On pense à Chanel? Ce n'est pas un hasard: la foi des deux créatrices est la même. Capable de soulever des montagnes...

Une cinquantaine de montres, du tout acier au boîtier or serti de diamants, dont les aiguilles ont été, toutes sans distinction, imaginées par Benoît de Gorski, ont vu le jour, présentées à l'occasion de la Foire de Bâle, six mois à peine après la création de la société. Associant l'acier et l'or, les pierres précieuses et semi-précieuses, la collection, dont les prix débutent à Fr 1950.- suscite déjà l'enthousiasme. Se défendant de poursuivre des objectifs principalement fondés sur la rentabilité, Simone Bédat insiste encore sur l'importance du point de vente. «Nous serons très sélectifs, glisse-t-elle. Ne retenant que les distributeurs qui reflètent notre esprit». Benoît de Gorski fut le premier d'entre eux...

M. -France Rigataux-Longerstay


BEDAT& C°, chez Benoît de Gorski, rue du Rhône, 86, 1204 Genève et points de vente sur demande au 022-718 01 88.

Château de Salles Hostellerie du château de Salles

Château de guet du XVe siècle à 7km d'Aurillac. A 700 m. d'altitude. Vue panoramique exceptionnelle sur les monts du Cantal. Au c|ur de 8 hectares d'arbres et de verdure, dominant le golf de Vézac. Piscine, Tennis.

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Hostellerie du Château de Salles
15130 Vezac
Tél.04.71.62.41.41-Fax 04.71.62.44.14
Roland Pasquier - Gérant